En un coup d’œil, quoi retenir?
- La région assiste à une normalisation du marché du travail plutôt qu’à une dégradation.
- La forte présence des jeunes sur le marché a soutenu sa capacité d'adaptation durant l'été.
« Le marché du travail de la région continue de démontrer sa résilience. Bien que certains indicateurs aient ralenti cet été, Québec conserve des conditions d'emploi enviables et demeure l'un des marchés les plus dynamiques au Canada. » – Carl Viel, PDG, Québec International
Faits saillants – Août 2026

L'emploi des jeunes comme variable d'ajustement du marché du travail estival
Le retour actuel aux études des 15 à 24 ans entraîne des mouvements importants sur le marché du travail régional, ce qui pourrait être particulièrement marqué en 2026. En effet, les données non désaisonnalisées montrent qu’en moyenne 84 300 jeunes occupaient un emploi entre juin et août 2026, comparativement à 78 100 à la même période en 2025 (+7,9 %). Leur taux de chômage moyen s’est par ailleurs établi à 7,2 %, contre 9,8 % à l’été précédent. Ces résultats témoignent du rôle central joué par les jeunes dans l’ajustement saisonnier du marché du travail, plusieurs secteurs s’appuyant fortement sur cette main-d’œuvre pour répondre à la hausse temporaire de leurs besoins durant la période estivale.
Or, la composition de l’emploi semble avoir évolué. Alors que le nombre d’emplois à temps plein a diminué d’environ 1 000 par rapport à l’été dernier, les emplois à temps partiel ont augmenté de 7 100. Cette évolution pourrait refléter une adaptation simultanée de l’offre et de la demande de travail alors que les étudiants recherchent une plus grande flexibilité afin de concilier emploi et études, tandis que les employeurs privilégient des horaires davantage modulables dans un contexte marqué par une plus grande incertitude. Cette recomposition suggère aussi un recours accru à des formes d’emploi permettant un ajustement plus rapide des besoins de main-d’œuvre.
Bien que les récents tarifs douaniers demeurent une source d’incertitude, les données de l’Enquête sur la population active d’août 2026 sont insuffisantes pour en évaluer l’incidence sur le marché du travail. Les prochaines semaines permettront d’en mesurer plus précisément les effets.
Analyse
Taux de chômage : nous sommes là où nous devrions être
Selon l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, la RMR de Québec a affiché un léger ralentissement en août 2026. Après les importantes pertes d'emplois observées en juillet, les données d'août suggèrent un certain réajustement des indicateurs du marché du travail, alors qu'une part plus importante des personnes touchées par ce recul est désormais comptabilisée parmi les chômeurs. Le taux de chômage a ainsi augmenté pour atteindre 4,3 % (+0,3 p.d.p.), indiquant que le ralentissement de l’emploi se reflète désormais davantage dans les autres indicateurs du marché du travail et témoignant d’un assouplissement graduel des conditions d’embauche. Il demeure toutefois prématuré de conclure à une telle évolution dans l’ensemble des secteurs.
Parallèlement, la population active a reculé de 1,2 %, traduisant une diminution du nombre de personnes en emploi ou à la recherche d'un emploi. Combinée aux pertes d'emplois observées dans la région, cette évolution témoigne d'un marché du travail moins tendu et d'une participation moins soutenue au marché de l'emploi. La baisse de l'emploi (-1,5 %) et du taux d'emploi (-0,9 p.d.p.) en constitue une illustration tangible. À 62,9 %, le taux d'emploi de la RMR de Québec est désormais inférieur à celui de Montréal (63,3 %), un revirement par rapport à la dynamique observée depuis 2023. De plus, il se situe sous ses moyennes sur un an (66,6 %), trois ans (65,2 %) et cinq ans (64,9 %), ce qui confirme un fonctionnement moins soutenu du marché du travail que celui observé au cours des dernières années. Combinée à la remontée du taux de chômage, cette évolution laisse entrevoir un relâchement graduel des tensions de main-d'œuvre, sans pour autant remettre en question la situation de plein emploi qui prévaut toujours dans la région.
« Les données confirment un ralentissement graduel du marché du travail, sans remettre en cause la situation de plein emploi. Les jeunes de 15 à 24 ans ont continué de soutenir fortement l’emploi durant l’été, mais la progression du temps partiel et la hausse du chômage suggèrent un marché gagnant en flexibilité. » – Rosalie Forgues, économiste principale
Visualisation des données
Évolution des principaux indicateurs de l'emploi sur un an
Sources : Statistique Canada - Tableau 14-10-0459-01 et Québec International
Le Canada maintient un taux de chômage faible en comparaison historique

Rosalie Forgues
Économiste principale
Québec International