/ Mis à jour le

Le plein emploi résiste, mais les tensions tarifaires s'ajoutent à la baisse du bassin de travailleurs

Le mois de septembre 2026 marque une nouvelle étape dans le conflit commercial entre le Canada et les États-Unis, alors que les tensions persistent et s’intensifient. Dans ce contexte, le taux de chômage de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec s'est maintenu à 4,3 % pour un deuxième mois consécutif, confirmant la persistance des conditions de plein emploi observées depuis quatre mois.

En un coup d’œil, quoi retenir?

1.  Le plein emploi se maintient, mais le ralentissement du bassin de travailleurs inquiète.

2. Le marché du travail pourrait être le premier révélateur des répercussions de la récente salve tarifaire sur l'économie régionale.

Malgré un ralentissement observé depuis plusieurs mois, la RMR de Québec continue d'afficher l'un des marchés du travail les plus solides au pays. La diminution de la population active et la rareté persistante de certains talents rappellent toutefois que les enjeux de main-d'œuvre demeurent bien réels dans le contexte économique actuel. – Carl Viel, PDG, Québec International 

Faits saillants – Septembre 2026


Tarification douanière : le marché du travail sonne-t-il une première alerte?

La récente intensification du conflit commercial entre le Canada et les États-Unis soulève des préoccupations quant à ses répercussions potentielles sur certains secteurs clés de l'économie régionale. Sans qu'un lien direct puisse encore être établi avec les nouveaux tarifs, le secteur manufacturier, en première ligne du conflit commercial, a enregistré l'une des diminutions d'emploi les plus marquées de la région (-3 500), selon les données non désaisonnalisées en septembre. Le secteur est notamment reconnu pour sa forte intégration aux chaînes d'approvisionnement nord-américaines, ce qui le rend particulièrement exposé aux changements touchant les échanges commerciaux.

Au-delà des échanges commerciaux eux-mêmes, cette observation est intéressante puisque le marché du travail agit souvent comme un indicateur instantané, voire avancé, de l’effet de l'incertitude économique. Avant qu'un ralentissement ne soit visible dans les investissements, la production ou les exportations, les entreprises ajustent généralement leurs embauches, leurs heures travaillées ou leurs projets d'expansion. Ainsi, les secteurs les plus exposés aux tarifs pourraient devenir les premiers canaux de transmission des tensions géopolitiques à l'économie réelle. Les prochains mois permettront de déterminer si les tendances observées annoncent les premiers effets économiques du conflit ou relèvent simplement de la volatilité statistique.

Analyse

Le plein emploi résiste, mais le bassin de travailleurs continue de se contracter

Selon l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, le ralentissement de l’emploi s’est poursuivi dans la RMR de Québec en septembre 2026. La région a enregistré une septième baisse mensuelle consécutive de l’emploi (-400), dans la continuité du rééquilibrage amorcé au printemps après une période de forte surchauffe. Malgré ces reculs, le marché du travail demeure relativement équilibré alors que le taux de chômage est resté stable à 4,3 %, soit un niveau compatible avec une situation de plein emploi pour un quatrième mois consécutif. La RMR de Québec continue ainsi d’afficher le plus faible taux de chômage parmi les huit principales RMR du pays.

La population active poursuit toutefois sa descente (-0,1 %) et, sur un an, la région compte 32 400 personnes de moins en emploi ou à la recherche d’un emploi. Le ralentissement récent de l’emploi ne règle donc pas les enjeux de disponibilité de la main-d’œuvre, puisque le bassin de travailleurs continue lui-même de diminuer. Parallèlement, le taux d’emploi se maintient à 62,9 %. Ainsi, bien que les données pointent davantage vers un rééquilibrage du marché du travail qu’une détérioration marquée de ses conditions, la baisse simultanée de l’emploi, de la population active et du taux d’emploi sur un an demeure un signal à surveiller puisqu’elle pourrait limiter le potentiel de croissance de l’économie régionale à moyen terme.

Le marché du travail pourrait devenir le premier canal de transmission des tensions commerciales à l’économie régionale. Les plus faibles niveaux d’emploi observés récemment pourraient représenter les premiers signes d’un contexte d’affaires plus incertain, bien que des conclusions définitives ne puissent pas encore être tirées au regard des statistiques de l’Enquête sur la population active. – Rosalie Forgues, économiste principale

Visualisation des données

Évolution des principaux indicateurs de l'emploi sur un an

Sources : Statistique Canada - Tableau 14-10-0459-01 et Québec International

Portrait de l'emploi dans les principales régions canadiennes


Rosalie Forgues
Économiste principale

Québec International




Fichier joint