/ Mis à jour le

Léger recul du nombre de postes vacants : un répit fragile face à la pénurie de main-d’œuvre

Au premier trimestre de 2026, le nombre de postes vacants dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches s’établit à 17 700, en diminution de 3,4 % par rapport au trimestre précédent, soit un niveau toujours élevé. Parallèlement, le recul de l’emploi salarié (-0,6 %) suggère une adaptation graduelle des entreprises au marché du travail tendu dans la grande région de Québec.

En un coup d’œil, quoi retenir?

1.    La baisse des postes vacants traduit un début de rééquilibrage du marché du travail dans un contexte de ralentissement des embauches, après une période prolongée de fortes tensions.

2.    En dépit du léger recul des postes vacants, le taux de chômage demeure à un niveau très faible, ce qui suggère que les difficultés de recrutement persistent et que le marché du travail continue d’être sous tension.

« Ce que nous observons, ce n’est pas un relâchement du marché du travail, mais plutôt un ajustement stratégique des entreprises. Les postes vacants diminuent légèrement, mais la pénurie de main-d’œuvre demeure bien réelle et continue d’influencer les décisions d’investissement et de croissance dans la région. » - Carl Viel, PDG, Québec International

Faits saillants – Premier trimestre de 2026


Qu’en est-il de l’embauche?

Ratio du nombre de chômeur(s) / poste vacantComparatif de l’évolution des salaires et de l’inflation
Le ratio est en baisse entre le T4 2025 (≈0,94) et le T1 2026 (≈0,78).Capitale-Nationale : « 28,60 $/h (+1,24 %)
Chaudière-Appalaches : 27,25 $/h (+0,55 %)
Comparativement au quatrième trimestre de 2025, le marché du travail demeure serré. Il y a toutefois légèrement moins de concurrence parmi les chercheurs d’emploi.La croissance des salaires reflète les tensions sur le marché du travail et les difficultés de recrutement, ce qui contraint les employeurs à optimiser les conditions d’embauche. 


Analyse

Un marché du travail en rééquilibrage, sous contrainte de rareté de main-d’œuvre

Selon l’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS) de Statistique Canada, le début d’année 2026 dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches a été encourageant. Effectivement, on compte maintenant dans les deux régions un total de 17 700 postes vacants, soit une légère diminution par rapport au dernier trimestre de 2025 (-3,4 %). Malgré un niveau encore élevé de postes vacants, le léger repli global suggère un début de légère détente de la demande de travail, en cohérence avec l’Enquête sur la population active, sans pour autant résorber les tensions liées à la pénurie de main-d’œuvre.

Suivant des trajectoires différenciées, la Capitale-Nationale enregistre une baisse de 705 postes vacants (-6,0 %) comparativement au dernier trimestre de 2025, tandis que la Chaudière-Appalaches affiche une hausse de 1,4 % (+90 postes) sur la même période. Ces écarts reflètent des dynamiques contrastées, marquées par un ajustement plus prononcé dans la première région et une demande plus soutenue dans la seconde, en partie attribuable à la forte présence des secteurs primaire et secondaire, plus sensibles à la conjoncture. Dans ce contexte, la capacité à sécuriser l’offre de travailleurs dans les secteurs clés devient un levier essentiel pour soutenir la réalisation des projets d’investissement, alors que l’économie demeure fortement imbriquée entre les deux rives. 

Tensions en atténuation, mais toujours présentes

La légère diminution des postes vacants s’inscrit dans un mouvement de rééquilibrage cyclique du marché du travail, où le ralentissement de l’activité et le resserrement des conditions financières modèrent les intentions d’embauche des entreprises. Cette normalisation traduit un passage d’un marché en surchauffe vers une situation plus près de l’équilibre, sans pour autant éliminer les contraintes structurelles liées à la rareté de la main-d’œuvre, ce qui maintient une pression persistante sur la capacité productive et le potentiel de croissance des entreprises.

« Le léger repli du nombre de postes vacants traduit un début de normalisation du marché du travail. Toutefois, cette détente demeure fragile alors qu’elle ne reflète pas un relâchement durable des pressions, mais plutôt un ajustement conjoncturel qui coexiste avec des contraintes persistantes liées à la rareté de la main-d’œuvre. » - Rosalie Forgues, économiste principale

Visualisation des données

Graphique 1. Évolution du cumulatif des postes vacants dans les régions combinées de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches

Sources : Statistique Canada, Tableau 14-10-0398-01 et Québec International


Tableau 1. Taux de postes vacants par région


Qu’est-ce qui est comptabilisé comme un poste vacant?

D’après l’EPVS, un poste est considéré comme vacant s’il satisfait simultanément aux trois conditions suivantes :

  • Le poste est inoccupé à la première journée du mois, ou il le deviendra au cours du mois.
  • Il existe des tâches à accomplir durant le mois pour ce poste, donc ce n’est pas un poste gelé ou suspendu.
  • L’employeur recrute activement à l’externe pour pourvoir ce poste.


Rosalie Forgues
Économiste principale

Québec International

Fichier joint