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Marché du travail : le taux de chômage sous la barre des 3 %

L’emploi dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec a connu une hausse de 0,8 % en février, accompagnée d’une cinquième baisse consécutive du taux de chômage se chiffrant désormais à 2,7 %, soit un niveau typique d’un risque accru de pénurie de main-d’œuvre et de marché du travail en surchauffe.

« Dans un contexte d’inadéquation entre les talents disponibles, qui se font rares, et les postes à combler, il est essentiel pour les entreprises de penser à la transformation numérique et à l’automatisation. » – Carl Viel, PDG, Québec International 

Faits saillants – Février 2026


Rareté de talents spécialisés : un frein à la productivité des entreprises

Alors que la région traverse des transitions majeures, les entreprises se heurtent à une rareté croissante de compétences spécialisées, un intrant actuellement non substituable à court terme dans plusieurs domaines. Cette pression sur les talents qualifiés agit comme un goulot d’étranglement économique alors qu’elle limite la productivité marginale du capital et freine la capacité des organisations à moderniser leurs procédés ou à se diversifier.

Dans un contexte où le taux de chômage demeure sous le seuil du plein emploi, les postes clés risquent de se multiplier sans que le bassin de travailleurs qualifiés ne progresse au même rythme. Ainsi, les entreprises pourraient devoir composer avec des délais de recrutement prolongés, une concurrence exacerbée entre employeurs et des pressions accrues sur les conditions offertes. Ces tensions fragilisent directement la mise en œuvre de projets d’investissement ou de modernisation, pourtant essentiels pour jouer un rôle contracyclique dans la conjoncture actuelle.

Analyse

Un taux de chômage au niveau d’une potentielle pénurie de talents

Selon l’Enquête sur la population active (EPA) publiée par Statistique Canada, en février 2026, le taux de chômage de la RMR de Québec a, une fois de plus, retenu l’attention en atteignant un creux historique. Il se situe désormais à 2,7 % (-0,3 point de pourcentage [p.d.p.]), soit à un niveau sous le seuil du plein emploi pour un troisième mois consécutif. Cette rareté de la main‑d’œuvre se reflète aussi dans la vigueur du taux d’emploi qui se chiffre à 68,7 %, un des points culminants de la dernière décennie et le plus haut au Canada.

Derrière ces indicateurs se profile un marché du travail en expansion. L’emploi grimpe à 519 800 postes (+0,8 %), tandis que la population active augmente de 0,5 % pour atteindre 533 900 personnes. Ce double mouvement témoigne d’un dynamisme marqué, mais également d’un contexte où la pression sur les entreprises se prolonge.

Comprendre les sous‑marchés pour mieux planifier le recrutement

Même si l’emploi et la population active progressent, la région se retrouve dans un contexte de demande de travail excédentaire. Or, les craintes de pénurie de main‑d’œuvre ne touchent pas tous les secteurs de la même façon, alors que les contraintes varient suffisamment pour que le marché du travail régional se configure désormais comme une pluralité de sous‑marchés. 


« Bien que l’idéal soit de planifier nos besoins de main‑d’œuvre trois à cinq ans à l’avance, la réalité du marché rend cet exercice difficile et crée un contexte où un recrutement planifié, d’abord local, puis international au besoin, devient essentiel pour sécuriser les compétences clés. » - Rosalie Forgues

Visualisation des données

Évolution des principaux indicateurs de l'emploi sur un an

Sources : Statistique Canada - Tableau 14-10-0459-01 et Québec International

Portrait de l'emploi dans les principales régions canadiennes


Rosalie Forgues
Économiste

Québec International




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