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Remontée de tous les indicateurs de l’emploi, une première en 2026

Après deux mois consécutifs de stabilité, le taux de chômage de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec a de nouveau progressé en octobre 2026, augmentant de 0,2 point de pourcentage (p.d.p.) pour s'établir à 4,5 %. Bien qu'en hausse, il demeure directement au milieu de la fourchette associée au plein emploi, suggérant que les conditions du marché du travail restent favorables.

En un coup d’œil, quoi retenir?

1.  La hausse de tous les indicateurs démontre la vigueur du marché du travail de la région malgré l’incertitude persistante. 

2. La diversité sectorielle protège l’économie régionale des chocs et crée un environnement favorable à l’investissement et à l’emploi.

« Malgré les défis qui touchent l'économie mondiale, la région de Québec maintient un équilibre enviable entre création d'emplois et disponibilité de la main-d'œuvre. Les données d'octobre confirment que nos entreprises continuent d'investir et de générer des occasions d'emploi de qualité dans plusieurs secteurs stratégiques. » – Carl Viel, PDG, Québec International

Faits saillants – Octobre 2026



Une économie diversifiée pour amortir les risques

Le contexte économique demeure marqué par une forte incertitude, alimentée par les tensions liées à la guerre tarifaire et par des enjeux propres à la région, notamment les défis associés à la disponibilité de la main-d’œuvre. Ainsi, la diversité du tissu économique de la RMR de Québec constitue un avantage stratégique, puisqu’elle réduit sa vulnérabilité aux chocs sectoriels.

Cette diversification agit comme un important facteur de résilience économique. À titre d’exemple, les industries de services d'hébergement et de restauration (+12,0 %) ainsi que la construction (+7,1 %) ont enregistré les plus fortes hausses de l’emploi en octobre selon les données non désaisonnalisées, illustrant la présence de plusieurs moteurs de croissance au sein de l’économie régionale. En répartissant l’activité économique entre des secteurs aux cycles distincts, la région limite les risques de concentration et amortit plus efficacement les ralentissements qui peuvent toucher certaines industries. De plus, l’amélioration des incitatifs à l’investissement, dont l’élargissement des mesures de déduction accélérée par la Mégadéduction à la productivité pour les entreprises admissibles, pourrait stimuler les dépenses en capital de certaines entreprises et favoriser la création d’emplois au fur et à mesure que ces projets se concrétiseront. Ainsi, même lorsque certains secteurs font face à des difficultés, la vigueur des autres segments contribue à soutenir l’emploi, les revenus et l’activité économique, renforçant la stabilité globale de la région.

Analyse

La région conserve un avantage sur ses principaux comparables

Selon l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, l’emploi a progressé de 4 000 travailleurs dans la RMR de Québec en octobre 2026, mettant fin à une séquence de sept reculs consécutifs. Cette amélioration s’est également traduite par une hausse du taux d’emploi, qui s’est établi à 63,4 % (+0,5 p.d.p.), une première progression depuis février 2026. Malgré un repli par rapport au niveau observé un an plus tôt, cet indicateur demeure parmi les plus élevés au Québec, témoignant de la capacité de la région à maintenir un niveau d’utilisation de sa main-d’œuvre supérieur à celui de plusieurs grands centres urbains. L’évolution s’inscrit dans un processus graduel de normalisation du marché du travail à la suite d’une période marquée par des tensions de recrutement historiquement élevées.

Pour sa part, le taux de chômage (4,5 %) demeure compatible avec une situation de plein emploi et continue de se comparer avantageusement à celui de Montréal (6,9 %) et de la province de Québec (5,7 %). Cet écart suggère que la demande de travailleurs demeure relativement soutenue dans la région, malgré le ralentissement économique observé en 2026 en réponse notamment à la conjoncture internationale. La stabilité du taux de chômage s’explique, entre autres, par le recul de la population active sur un an (-5,2 %), mais aussi par la diminution du nombre de chômeurs. Le recul de l’emploi étant d’ailleurs d’une ampleur comparable à celui de la population active, une part importante des personnes ayant quitté le marché du travail semble s’être dirigée vers l’inactivité plutôt que vers le chômage. Cette dynamique reflète en partie les contraintes structurelles qui caractérisent la région, dont le vieillissement de la population et la rareté persistante de la main-d’œuvre, deux facteurs qui contribuent à limiter l’augmentation du bassin de travailleurs disponibles.

« La force et la stabilité de l'économie de Québec ne reposent pas sur un seul secteur, mais sur la complémentarité de plusieurs industries capables de générer de l'emploi et de l'investissement à différents moments du cycle économique. Cette diversification constitue aujourd'hui un avantage concurrentiel majeur pour la région. » – Rosalie Forgues, économiste principale

Évolution des principaux indicateurs de l'emploi sur un an

Sources : Statistique Canada - Tableau 14-10-0459-01 et Québec International


Portrait de l'emploi dans les principales régions canadiennes



Rosalie Forgues
Économiste principale
Québec International



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