En un coup d’œil, quoi retenir?
- Le marché du travail amorce un léger relâchement, mais il demeure en situation de pénurie : on passe ainsi simplement d’un marché en surchauffe à un marché tendu.
- Malgré la hausse du taux de chômage, le taux d’emploi élevé confirme que les entreprises opèrent toujours à plein rendement, avec peu de marge en termes de main-d’œuvre pour assurer la réalisation de leurs projets d’investissement.
Les données d’aujourd’hui doivent être interprétées avec nuance : elles reflètent un ajustement dans un marché du travail qui demeure extrêmement solide. La région de Québec continue d’opérer à un niveau d’activité élevé, où l’écart entre les besoins des entreprises et la disponibilité de la main-d’œuvre demeurent un enjeu structurant et préoccupant pour la croissance. – Carl Viel, PDG, Québec International
Faits saillants – Mai 2026

Évolution annuelle positive, malgré l’incertitude
À l’instar de l’année 2025, le marché du travail évolue favorablement en 2026, bien que certains signaux de relâchement émergent. La croissance de l’emploi enregistrée entre mai 2025 et mai 2026 (+5,7 %) a positionné la région parmi les plus dynamiques au pays, reflétant la robustesse de son économie.
Les données indiquent que cette dynamique se maintient dans un contexte de demande de main-d’œuvre toujours soutenue sur un an, appuyée par la diversification économique et la réalisation de projets d’investissement d’envergure. Or, ces conditions alimentent des tensions persistantes, limitant la capacité d’expansion de certains secteurs et pouvant retarder un retour à l’équilibre du marché du travail.
Le bilan 2025, dont la publication est prévue le 9 juin prochain, permettra d’approfondir ces enjeux et d’en dégager les perspectives.
Analyse
Rareté de main-d’œuvre toujours présente malgré un rattrapage en cours
Selon l’Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, en mai 2026, le marché du travail de la RMR de Québec continue de ralentir. Alors que le taux de chômage croît de 0,5 p.d.p. et atteint 3,8 %, la région recule au second rang des RMR canadiennes, derrière Saguenay (3,3 %). Avec cette hausse, la RMR s’inscrit davantage dans l’évolution de la situation observée au cours des derniers mois à l’échelle québécoise et canadienne. Se situant pour un sixième mois consécutif sous le seuil du plein emploi, cette seconde hausse consécutive ne change toutefois pas le besoin de main-d’œuvre dans la région, car, malgré ce signal, la rareté de talents demeure bien ancrée. En effet, la région se classe en seconde position concernant le taux d’emploi parmi les RMR canadiennes (67,0 %), derrière Calgary (67,2 %), ce qui illustre un niveau d’utilisation de la main-d’œuvre exceptionnellement élevé et nettement supérieur à celui de ses principaux comparables, dont Montréal (62,1 %).
Dans ce contexte, la baisse de l’emploi (-1,5 %), plus marquée que celle de la population active (-1,0 %), indique que l’ajustement en cours relève davantage d’un ralentissement de la demande que d’un afflux de travailleurs. Autrement dit, la pression se relâche partiellement, mais elle ne disparaît pas. Même si la pression s’atténue, la nécessité de sécuriser l’offre de main-d’œuvre demeure capitale afin que la région puisse tirer profit de ses investissements.
Portée par de nombreux projets d’envergure, la région de Québec confirme son dynamisme économique. Afin d’en maximiser les retombées, il sera néanmoins essentiel de disposer d’une main-d’œuvre suffisante et adaptée aux besoins des entreprises. – Rosalie Forgues
Visualisation des données
Évolution des principaux indicateurs de l'emploi sur un an
Sources : Statistique Canada - Tableau 14-10-0459-01 et Québec International
Portrait de l'emploi dans les principales régions canadiennes

Rosalie Forgues
Économiste
Québec International