Pour la 16e année, Léger a mesuré l’indice de confiance des dirigeants d’entreprise de Québec et de Lévis sur différents indicateurs pour les 12 prochains mois. Un total de
239 gestionnaires et dirigeants d’entreprise ont répondu au sondage tenu entre le 12 novembre et le 8 décembre 2025. Les perspectives économiques, les investissements, les ressources humaines, l’adoption de l’intelligence artificielle, la planification de la relève et les actions en matière de développement durable ont été abordés.
FAITS SAILLANTS
2025 : un bilan positif malgré les incertitudes
- Les deux tiers des répondants au sondage (66 %) jugent positivement l’année 2025 pour leur secteur d’activité, un taux stable par rapport à 2024.
- Les tensions commerciales ont exercé une pression notable sur les activités : 33 % signalent qu’elles ont causé une baisse des ventes (33 %; 44 % chez les exportateurs) et qu’elles ont forcé l’entreprise à chercher de nouveaux clients (25 %; 37 % chez les entreprises exportatrices).
- Deux entreprises sur trois ont adopté diverses stratégies pour faire face au contexte économique incertain : diversification géographique (41 % pour les exportateurs vs 9 % pour les non-exportateurs, optimisation des coûts (respectivement 33 % et 17 %) et développement de produits adaptés (30 % vs 16 %).
2026 : un contexte économique incertain qui appelle toujours à l’adaptation
- Un optimisme prudent se fait sentir chez 68 % des dirigeants qui anticipent une année 2026 économiquement favorable pour leur secteur, niveau comparable à 2025.
- La grande région de Québec demeure le marché le plus prometteur (indice du degré d’optimisme de 62).
- Les inquiétudes pour la prochaine année sont principalement les risques de récession ou de ralentissement économique (38 %), la situation économique aux États-Unis et les mesures protectionnistes américaines (27 %) et le coût des opérations incluant l’inflation (18 %).
Investir pour demeurer compétitif
- Les intentions d’investissement demeurent solides alors que 64 % des gestionnaires prévoient investir en 2026 (stable par rapport à l’an dernier).
- Les types d’investissements prévus, soit la transformation numérique, l’automatisation et/ou la robotisation (63 %), la recherche et développement (47 %) et l’achat d’équipement informatique (40 %) permettront à 70 % des entreprises d’améliorer leur productivité et à 54 % d’accroître leur production.
- 39 % des répondants se positionnent favorablement face à l’adoption de l’IA comme levier de compétitivité, alors que seulement 13 % considèrent leur entreprise comme très compétitive dans le domaine.
Des défis nuancés en ressources humaines
- Plus de trois entreprises sur quatre prévoient de recruter de la main-d’œuvre au cours de la prochaine année, notamment pour soutenir la croissance (47 %), répondre au roulement de personnel (34 %) ou renforcer les compétences internes (33 %).
- Les difficultés à recruter de la main-d’œuvre sont toujours présentes pour une vaste majorité de dirigeants (73 %), bien que la proportion d’entreprises qui ont répondu « souvent » soit à la baisse depuis 2022.
- Deux entreprises sur trois ont mis en place des initiatives visant à prendre soin de la santé mentale du personnel, la création d’un environnement favorable étant la plus répandue à 54 % (+10 points de pourcentage).
Une relève encore peu planifiée
- Un plan de relève ou de transmission existe dans moins du tiers des entreprises sondées (31 %). 64 % des dirigeants ne disposent d’aucun plan et 47 % mentionnent qu’il ne s’agit pas d’une priorité.
- L’immigration économique est une solution pertinente au défi du repreneuriat pour la majorité des répondants (64 %).
Un engagement encore secondaire pour le développement durable
- Des initiatives en lien avec le développement durable sont en place dans 66 % des entreprises, une baisse par rapport à 2023 (74 %).
- Les principaux freins à leur mise en place sont le manque de temps (38 %) et de moyens financiers (34 %).
« Pour 2026, l’incertitude plane encore, mais on sent le vent tourner. La région de Québec tire son épingle du jeu dans les perceptions des dirigeants, malgré les mesures protectionnistes américaines. Il faudra toutefois continuer d’investir dans les technologies afin de gagner en agilité et en productivité, apprendre à naviguer avec l’instabilité du climat économique actuel et poursuivre la diversification vers de nouveaux marchés. » - M. Carl Viel, président-directeur général de Québec International
« Deux constats du sondage m'interpellent particulièrement. D'abord, l'intelligence artificielle : si 39 % des dirigeants se disent ouverts à l'adopter, seulement 13 % estiment leur entreprise très compétitive dans ce domaine. Il y a là un immense potentiel à exploiter pour améliorer notre productivité. Ensuite, le repreneuriat : avec 64 % des entreprises sans plan de relève et près de la moitié qui n'en font pas une priorité, nous devons sonner l'alarme. L'avenir de milliers d'entreprises de la région en dépend. La CCIQ s'engage à accompagner ses membres sur ces deux fronts stratégiques. » - M. Frédérik Boisvert, président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec
« Le sondage Conjoncture 2026 confirme que nos entreprises font preuve de réalisme et d’agilité dans un contexte économique incertain. Malgré les tensions commerciales, les pressions sur la main-d’œuvre et l’évolution des règles en immigration, elles continuent d’investir et de s’adapter. Les intentions d’embauche demeurent élevées, mais plus prudentes, et les investissements en automatisation et en transformation numérique deviennent des leviers essentiels pour maintenir la productivité et la compétitivité de notre grande région. » - Mme Marie-Josée Morency, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lévis
« Avec près de la moitié des entreprises qui misent sur des partenariats stratégiques, le message est clair : on avance mieux ensemble. Pour agir en santé mentale et en développement durable, la collaboration devient un moteur. C’est aussi ce qui permet aux plus petites entreprises d’avoir accès au soutien et aux ressources nécessaires, plutôt que de devoir tout porter seules. À la JCCQ, on le voit au quotidien : quand la communauté d’affaires de Québec se mobilise, elle démultiplie son impact et renforce l’économie de notre région. » - Mme Laurence Girard, directrice générale de la Jeune Chambre de commerce de Québec