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Une hausse des postes vacants qui rompt avec cinq trimestres de stabilité

Au quatrième trimestre de 2025, le nombre de postes vacants dans la Capitale‑Nationale et la Chaudière‑Appalaches a atteint 18 710, en hausse de 17,5 % par rapport au trimestre précédent. La comparaison annuelle montre une progression plus modérée de 7,1 %, marquant toutefois une rupture avec la stabilité presque parfaite observée au cours des cinq trimestres précédents. Il s’agit aussi d’une hausse particulièrement marquée pour une période de normalisation des conditions économiques.

« Les indicateurs actuels confirment un déséquilibre persistant entre les compétences recherchées par les entreprises et les qualifications des candidats disponibles, ce qui constitue un frein structurel à l’amélioration de la productivité et à la progression de la croissance des entreprises. » - Carl Viel, PDG, Québec International

Faits saillants – Quatrième trimestre de 2025


Au-delà du nombre de postes vacants, quel est l’impact sur notre économie?

Ratio du nombre de chômeur(s) / poste vacant

Comparatif de l’évolution des salaires et de l’inflation

Contraction de la métrique en cours : de 1,30 à 0,94 entre T4-2024 et T4-2025


Capitale-Nationale : 28,25 $/h (-0,2 %) ; Chaudière-Appalaches : 27,10 $/h (+2,3 %)


  • Marché plus tendu qu’au cours des derniers trimestres
  • Les craintes de pénurie de main-d’œuvre persistent et s’accentuent dans certains métiers critiques


La croissance salariale, désormais inférieure à l’inflation (2,6%), accentue les pressions dans les secteurs où le recrutement est déjà difficile.   

  • L’écart IPC‑salaires reflète : (1) une capacité réduite des employeurs à suivre la hausse des prix, (2) des défis d’attraction et de rétention accentués 


Resserrement du marché du travail et croissance des besoins de main‑d’œuvre

Selon l’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS) de Statistique Canada, la Capitale‑Nationale et la Chaudière‑Appalaches comptaient 18 710 postes vacants au quatrième trimestre de 2025, soit une croissance de 17,5 % par rapport au trimestre précédent (15 920). Bien que cet ajustement ne représente pas une rupture historique, il ne s’inscrit pas en continuité avec la période de stabilité observée depuis cinq trimestres.

Les trajectoires régionales sont similaires de part et d’autre du fleuve alors qu’au dernier trimestre, la Capitale‑Nationale et la Chaudière-Appalaches ont respectivement enregistré une hausse du volume de postes vacants de 16,1 % et de 20,2 %. Toutefois, la divergence émerge sur une base annuelle, avec un mince recul de 220 postes dans la Capitale‑Nationale, contre une croissance de 1 460 en Chaudière‑Appalaches.

Défis persistants d’adéquation poste‑travailleur

Entre les deux derniers trimestres de 2025, la demande globale de main‑d’œuvre (emplois salariés et postes vacants, à l’exclusion des travailleurs autonomes) a augmenté de 2,8 % dans la Capitale‑Nationale et de 5,8 % en Chaudière‑Appalaches. Au Québec et au Canada, nous assistons plutôt à la quasi-stagnation de cette métrique, avec des variations oscillant dans le mince intervalle entre 0,0 % et 0,6 %. 

Prises ensemble, la contraction du ratio chômeur(s)‑poste vacant et la faible variation des salaires indiquent un resserrement progressif du marché du travail, en cohérence avec les résultats de l’Enquête de la population active. Cette dynamique accroît les tensions liées à l’inadéquation entre compétences disponibles et recherchées, limitant toujours la capacité de certaines entreprises à répondre pleinement à leurs besoins opérationnels.

« Les prochains mois permettront de vérifier si les salaires suivent l’inflation, car une croissance salariale durablement inférieure réduirait la capacité d’ajustement des employeurs et accentuerait les enjeux d’attraction et de rétention dans les secteurs en tension. » - Rosalie Forgues, économiste

Visualisation des données

Graphique 1. Évolution du cumulatif de postes vacants dans la région couvrant la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches

Sources : Statistique Canada, Tableau 14-10-0398-01 et Québec International 


Tableau 1. Taux de postes vacants par région


Qu’est-ce qui est comptabilisé comme un poste vacant?

D’après l’EPVS, un poste est considéré comme vacant s’il satisfait simultanément aux trois conditions suivantes :

  • Le poste est inoccupé à la première journée du mois, ou il le deviendra au cours du mois
  • Il existe des tâches à accomplir durant le mois pour ce poste, donc ce n’est pas un poste gelé ou suspendu
  • L’employeur recrute activement à l’externe pour pourvoir ce poste



Rosalie Forgues
Économiste

Québec International

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