« Les indicateurs actuels confirment un déséquilibre persistant entre les compétences recherchées par les entreprises et les qualifications des candidats disponibles, ce qui constitue un frein structurel à l’amélioration de la productivité et à la progression de la croissance des entreprises. » - Carl Viel, PDG, Québec International
Faits saillants – Quatrième trimestre de 2025

Au-delà du nombre de postes vacants, quel est l’impact sur notre économie?
Ratio du nombre de chômeur(s) / poste vacant | Comparatif de l’évolution des salaires et de l’inflation |
Contraction de la métrique en cours : de ≈1,30 à ≈0,94 entre T4-2024 et T4-2025 | Capitale-Nationale : 28,25 $/h (-0,2 %) ; Chaudière-Appalaches : 27,10 $/h (+2,3 %) |
| La croissance salariale, désormais inférieure à l’inflation (2,6 %), accentue les pressions dans les secteurs où le recrutement est déjà difficile.
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Resserrement du marché du travail et croissance des besoins de main‑d’œuvre
Selon l’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS) de Statistique Canada, la Capitale‑Nationale et la Chaudière‑Appalaches comptaient 18 710 postes vacants au quatrième trimestre de 2025, soit une croissance de 17,5 % par rapport au trimestre précédent (15 920). Bien que cet ajustement ne représente pas une rupture historique, il ne s’inscrit pas en continuité avec la période de stabilité observée depuis cinq trimestres.
Les trajectoires régionales sont similaires de part et d’autre du fleuve alors qu’au dernier trimestre, la Capitale‑Nationale et la Chaudière-Appalaches ont respectivement enregistré une hausse du volume de postes vacants de 16,1 % et de 20,2 %. Toutefois, la divergence émerge sur une base annuelle, avec un mince recul de 220 postes dans la Capitale‑Nationale, contre une croissance de 1 460 en Chaudière‑Appalaches.
Défis persistants d’adéquation poste‑travailleur
Entre les deux derniers trimestres de 2025, la demande globale de main‑d’œuvre (emplois salariés et postes vacants, à l’exclusion des travailleurs autonomes) a augmenté de 2,8 % dans la Capitale‑Nationale et de 5,8 % en Chaudière‑Appalaches. Au Québec et au Canada, nous assistons plutôt à la quasi-stagnation de cette métrique, avec des variations oscillant dans le mince intervalle entre 0,0 % et 0,6 %.
Prises ensemble, la contraction du ratio chômeur(s)‑poste vacant et la faible variation des salaires indiquent un resserrement progressif du marché du travail, en cohérence avec les résultats de l’Enquête de la population active. Cette dynamique accroît les tensions liées à l’inadéquation entre compétences disponibles et recherchées, limitant toujours la capacité de certaines entreprises à répondre pleinement à leurs besoins opérationnels.
« Les prochains mois permettront de vérifier si les salaires suivent l’inflation, car une croissance salariale durablement inférieure réduirait la capacité d’ajustement des employeurs et accentuerait les enjeux d’attraction et de rétention dans les secteurs en tension. » - Rosalie Forgues, économiste
Visualisation des données
Graphique 1. Évolution du cumulatif de postes vacants dans la région couvrant la Capitale-Nationale et la Chaudière-Appalaches
Sources : Statistique Canada, Tableau 14-10-0398-01 et Québec International
Tableau 1. Taux de postes vacants par région

Qu’est-ce qui est comptabilisé comme un poste vacant?
D’après l’EPVS, un poste est considéré comme vacant s’il satisfait simultanément aux trois conditions suivantes :
- Le poste est inoccupé à la première journée du mois, ou il le deviendra au cours du mois
- Il existe des tâches à accomplir durant le mois pour ce poste, donc ce n’est pas un poste gelé ou suspendu
- L’employeur recrute activement à l’externe pour pourvoir ce poste
Rosalie Forgues
Économiste
Québec International